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C’est sans doute le sujet sur lequel circulent le plus d’informations périmées. En moins d’un an, deux réformes sont allées en sens contraire : certaines aides ont disparu, d’autres ont été très nettement renforcées. Résultat, une page écrite en 2024 se trompe aujourd’hui dans les deux sens, en promettant des aides qui n’existent plus et en passant à côté de celles qui ont doublé.
Voici l’état réel des choses, vérifié auprès des sources publiques. Si vous ne devez retenir qu’une idée : l’argent public a quitté l’objet qu’on achète pour aller vers le service qu’on emploie et le matériel qu’on prescrit.
Le tableau, en un coup d’œil
| Poste | Situation en 2026 |
|---|---|
| Fauteuil roulant | 100 %, tous types, options comprises |
| Aide à domicile, ménage, téléassistance | Crédit d’impôt de 50 %, maintenu |
| Cannes, déambulateurs, chaises percées | Remboursés sur prescription |
| Lit médicalisé | Location seulement, l’achat n’est plus remboursé |
| Travaux d’adaptation | MaPrimeAdapt’, 50 ou 70 %, plus TVA réduite |
| Crédit d’impôt sur les travaux | Supprimé depuis le 1er janvier 2026 |
| Fauteuil releveur de confort | Rien, reste intégralement à votre charge |
| Barres d’appui, siège de douche achetés seul | Rien, sauf si posés dans un chantier subventionné |
Ce qui a disparu, et qu’on vous promet encore
Le crédit d’impôt pour les travaux d’adaptation du logement à la perte d’autonomie est supprimé pour les dépenses payées à partir du 1er janvier 2026. Il couvrait 25 % des dépenses dans la limite de 5 000 € pour une personne seule et 10 000 € pour un couple sur cinq ans. C’est un bon test de fraîcheur : si on vous l’annonce encore pour des travaux à venir, le reste de l’information est probablement du même âge.
Dans le même mouvement, les codes correspondant à l’achat d’un lit médicalisé ont été retirés de la liste des produits remboursables. Acheter revient donc à tout payer. Le détail est ici.
Ce qui a été massivement renforcé : les fauteuils roulants
C’est la réforme la plus importante et la moins connue des familles. Depuis le 1er décembre 2025, tous les fauteuils roulants sont pris en charge à 100 % : manuels, électriques, sportifs, sur mesure, reconditionnés, options et adjonctions comprises.
Pour mesurer l’ampleur du changement : avant la réforme, l’Assurance maladie couvrait jusqu’à 600 € sur un fauteuil manuel pouvant coûter 10 000 €, et jusqu’à 5 200 € sur un fauteuil électrique pouvant atteindre 50 000 €. Le reste à charge, qui était la principale raison de renoncement, a disparu.
Deux points pratiques qui changent la vie : il n’y a plus aucune avance de frais à faire, et vous n’avez plus qu’un seul interlocuteur, l’Assurance maladie, qui règle directement le fournisseur sur la base de son devis.
Le crédit d’impôt de 50 %, le levier le plus sous-utilisé
Contrairement à ce qu’on a beaucoup lu, le crédit d’impôt pour les services à la personne est bien maintenu en 2026, à 50 % des sommes engagées. C’est aujourd’hui le dispositif le plus puissant pour une famille qui accompagne un parent à domicile, et c’est celui qu’on oublie le plus.
Ce qu’il couvre, entre autres :
- l’aide à domicile et l’assistance aux personnes âgées,
- le ménage et l’entretien de la maison,
- le jardinage,
- la préparation des repas à domicile,
- la téléassistance, ce qui ramène un abonnement courant à environ la moitié de son prix affiché.
Le plafond annuel de dépenses est de 12 000 €, majoré de 1 500 € par enfant à charge, par membre du foyer de plus de 65 ans ou par ascendant bénéficiaire de l’APA, dans la limite de 15 000 €. Il monte à 20 000 € en situation d’invalidité, et il est relevé la première année d’emploi direct d’un salarié à domicile.
Un détail qui compte : c’est un crédit d’impôt et non une réduction. Il est donc versé même si le foyer n’est pas imposable, ce qui est fréquent chez les personnes âgées. Beaucoup de familles ne réclament rien en croyant, à tort, que l’avantage ne les concerne pas.
Ne confondez pas les deux crédits d’impôt. Celui qui a disparu portait sur les travaux, celui-ci porte sur les services. Ils n’ont ni le même objet ni le même plafond, et l’un ne remplace pas l’autre.
Le matériel courant, remboursé sur prescription
Une partie du petit matériel figure sur la liste des produits et prestations remboursables : cannes, béquilles, déambulateurs et rollators, fauteuils de transfert, chaises percées. Le remboursement suppose trois conditions cumulatives, et il suffit qu’une seule manque pour que rien ne soit pris en charge :
- le produit est inscrit sur la liste avec un code valide,
- il est prescrit par un médecin,
- il est délivré par un fournisseur ou un prestataire habilité.
C’est cette troisième condition qui piège le plus de monde : le même déambulateur, acheté en ligne sans ordonnance, n’ouvre droit à rien. Avant de commander du matériel de ce type, la question à poser au médecin traitant prend trente secondes et peut tout changer.
Les travaux : MaPrimeAdapt’ et la TVA réduite
Pour un chantier d’adaptation, douche de plain-pied, monte-escalier, élargissement de portes, MaPrimeAdapt’ finance 50 ou 70 % du montant selon les ressources, dans la limite de 22 000 € hors taxes, soit une aide maximale de 15 400 €. La TVA à taux réduit s’applique en plus, automatiquement, dès lors que les travaux sont réalisés par un professionnel. Les conditions détaillées sont ici, avec la règle à ne surtout pas enfreindre, qui est de ne rien commencer avant l’accord.
L’APA, la PCH et les caisses de retraite
L’APA s’adresse aux personnes de 60 ans et plus classées en GIR 1 à 4. Elle finance un plan d’aide construit avec l’équipe médico-sociale du département, et son plafond dépend du niveau de dépendance : il s’établit par exemple à 811,52 € par mois en GIR 4 pour 2026. La PCH joue un rôle comparable pour les personnes en situation de handicap.
N’oubliez pas la caisse de retraite. Elle dispose de sa propre action sociale, souvent capable de financer une évaluation à domicile par un ergothérapeute ou une partie de l’équipement, et elle est très peu sollicitée parce que presque personne ne sait qu’elle existe. Un appel suffit à le vérifier.
Dans quel ordre activer tout ça
- Le médecin traitant d’abord, pour tout ce qui est prescriptible : fauteuil roulant, lit médicalisé, déambulateur, matelas. C’est gratuit et c’est ce qui débloque le plus gros.
- Le dossier APA auprès du conseil départemental, qui conditionne aussi certaines majorations fiscales.
- La caisse de retraite, pour son action sociale.
- L’AMO si des travaux se dessinent, son accompagnement est obligatoire et gratuit.
- La déclaration fiscale pour le crédit d’impôt de 50 %, sachant qu’un dispositif d’avance immédiate permet souvent de ne pas attendre un an pour en bénéficier.
Ce qui reste intégralement à votre charge
Autant le savoir avant de faire des plans. Tout le mobilier et tout l’équipement amovible que vous achetez vous-même restent à votre charge, quelle que soit leur utilité réelle.
C’est notamment le cas du fauteuil releveur de confort, qui n’est pas inscrit sur la liste des produits remboursables, contrairement au fauteuil coquille médicalisé destiné aux personnes classées en GIR 1 ou 2. C’est souvent la dépense la plus lourde qu’une famille assume seule, et c’est pour ça qu’elle mérite d’être bien faite : voir comment choisir un fauteuil releveur, en particulier la mesure de la hauteur d’assise, qui est le critère que tout le monde rate.
C’est également le cas du petit équipement de sécurité posé sans chantier, un tabouret de douche réglable ou une barre d’appui coudée à visser. Ce sont des dépenses modestes, non subventionnées, mais ce sont aussi celles qui évitent le plus de chutes par euro dépensé. Notre guide de la salle de bain détaille lesquelles valent vraiment le coup, et la mise en garde importante sur les barres à ventouse.
À vérifier chaque année
Les plafonds de l’APA, les seuils de ressources de MaPrimeAdapt’ et les majorations du crédit d’impôt sont révisés régulièrement, et les réformes récentes montrent que le périmètre lui-même peut changer d’une année sur l’autre. Cette page est mise à jour en conséquence ; en cas de doute sur votre situation précise, la réponse qui vous engagera est celle de votre caisse d’assurance maladie ou de votre conseil départemental, et elle est gratuite.
Pour la suite, notre guide pour équiper le domicile d’un parent âgé reprend l’ordre dans lequel s’y prendre, du moins cher au plus cher.
